Archive pour la catégorie 'Crédits à risque'

Les conséquences du subprime (suite et pas fin)

Merrill Lynch - O’Neal

Quelques mots pour constater l’ampleur des dégats. Dans un article du Monde du 29/10 nous apprenons que la banque Merill Lynch vient de publier une perte de 2 milliards de dollars ce trimestre, qu’elle a par ailleurs pris une provision de 8 Millards de dépréciation d’actifs.

Le président O’Neal touchait un salaire de 50 millions de dollars par an. Au vu des résultats, il est contraint à la démission contre un chèque de 160 millions de dollars!!

PS : la série consacrée au subprime débute ici.

Les conséquences de la crise du subprime (4/4)

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Les 4 articles sur la crise du subprime se trouvent ici

La conséquence la plus spectaculaire est la perte de confiance des épargnants envers le système bancaire. Ils ont donc retiré massivement leur épargne. Cette peur dûe à une très mauvaise information sur la crise et sur les produits qu’ils ont achetés a été à l’origine de deux problèmes importants : Le premier est le manque de liquidités dont souffrent les banques, le deuxième est la baisse des marchés liée aux ventes des avoirs de ces épargnants.

La conséquence la plus importante au plan économique sera la diminution considérable des crédits que pourront accorder les banques. Les entreprises et les particuliers seront tous limités dans leurs investissements et la croissance en sera affectée. La suite logique d’un ralentissement de la croissance, c’est évidement des créations d’emplois en moins puis des licenciements. Il y a peu de doutes sur le scénario à venir, seule l’ampleur des conséquences reste à déterminer.

Pour conclure cette triste affaire, voyons qui en a profité : tout d’ abord, les prêteurs sur le marché du crédit immobilier à risque (14 à 18% an) pour de l’argent acheté à 3 ou 4 %/an. Ensuite, les gérants de fonds venus spéculer sur ce marché et leurs plus gros clients. Qui a perdu? les épargnants entraînés, sans le savoir, dans cette galère via leurs sicavs monétaires et tous ceux qui pâtiront de la crise économique à venir. Qui aurait donc interêt à expliquer vraiment cette crise?

Les fonds monétaires dynamiques et le subprime (3/4)

 La série “crise du subprime” commence ici et continue là.

L’expression “fonds monétaires dynamiques” est déjà une contradiction, peu étonnant donc que le résultat réserve des surprises.

Parce que les fonds monétaires, sans risque de perte en capital mais avec des rendements de l’ordre de 2 % par an, n’étaient plus assez faciles à vendre, les financiers ont inventé les monétaires dynamiques. Vendus comme des produits sûrs et disponibles avec des rendements de l’ordre de 4% par an, ils ont fait un tabac : 36 milliards $ de capitaux gérés dans 194 fonds recensés chez Micropal.

Le problème, c’est que si le gain est plus grand, le risque aussi (la logique financière est simple : on attend plus de rendement d’un investissement plus risqué. Sinon, on se tourne vers un investissement plus sûr). Grâce à un ratio dit “poubelle” et qui représente 10% des capitaux gérés par un fonds, le gérant est en droit de souscrire à tous types de supports même les plus risqués.

C’est dans ce cadre que les fonds ont massivement investi dans le subprime. Les enjeux étaient la recherche d’une éventuelle meilleure performance pour le client, la certitude de grosses commissions pour les gérants, mais aussi l’opportunité de faire sortir des fonds les gros clients avant la crise anticipée du marché.

Le premier problème est survenu quand, devant les rachats de certains fonds, les gérants ont refusé le remboursement des capitaux aux clients. Si le remboursement aux souscripteurs a été stoppé, c’est pour faire face au problème suivant : si un fonds qui détient 10% de son actif en subprime se réduit de 50%, il faut vendre la moitié de ces valeurs pour respecter le ratio. Mais si ces valeurs sont invendables, cela implique de doubler l’exposition au risque pour celles qui restent (le ratio “poubelle” passant à 20%). 

Les épargnants n’ayant pas conscience de ces mécanismes ont pris peur et ont créé une crise de liquidités imposant une intervention des banques centrales. C’est cet ahurissant système qui est en cause dans la crise actuelle. Celle-ci ne concerne donc en rien le marché immobilier.

Beaucoup de conséquences vont découler de cette crise et je vous propose d’en faire le sujet du prochain épisode. J’espère avoir été clair. N’hésitez pas si vous avez des questions ou des commentaires.

Les fonds spéculatifs – hedge funds – et le subprime (2/2)

Hedge Funds (source La Tribune)

(découvrez le premier article de la série sur la Crise du Subprime ici) 

Investir c’est placer son argent à long terme sur une action ou un marché. Le résultat sera lié à l’environnement et au marché. Spéculer c’est attendre un profit à court terme sans tenir compte ni du marché, ni des conséquences. Ces définitions simplistes aident à appréhender le monde des hedges funds.

Crées à l’origine pour limiter le risque des portefeuilles institutionnels, ces fonds utilisent de nombreuses techniques de gestion. L’utilisation du crédit permet d’augmenter les masses de capitaux gérés, les gains – ou les pertes-, les risques et les commissions des gérants (le principe est simple : on emprunte à 5% pour réaliser des placements censés rapporter 30%. Une fois le gain réalisé, on rembourse la dette).

Les investissements réalisés par ces fonds peuvent être réalisés en prenant des options à la baisse. Ces dernières permettent en effet de réaliser des profits lorsque les marchés baissent. Les hedge funds peuvent ainsi tirer profit des excès de peur des marchés. C’est plus de 1 500 milliards de dollars qui sont aujourd’hui investis de cette manière.

On peut par ailleurs noter que beaucoup de Hedge Funds sont déposés dans des paradis fiscaux et que les clients sont les plus grandes fortunes (un million de dollars est souvent le minimum pour investir) ou les institutionnels. Ajoutons à cela que les frais de gestion de 1 ou 2% par an sont normaux. En revanche les 20-25% de part du résultat des fonds représentent des sommes considérables.

Un marché très important, une absence de contrôle, des marges énormes, une proximité avec les plus puissants : comment être surpris que certains fonds soient devenus de vraies machines à spéculer? Leurs investissements sont réalisés sur des actions, des devises, des matières premières ou des crédits (subprime), en fait, sur tout ce qui rapporte.

Ces fonds peuvent aussi compter sur des médias toujours incompétents pour expliquer le fonctionnement des marchés mais très intéressés par l’audience que permettent les crises financières. Plus ils font peur aux particulers, (cf. l’impact des articles de presse sur le risque de faillite de la banque Northern Rock en Angleterre), plus ils vendent, plus la crise s’aggrave et plus ces fonds vont gagner.

Cela fait plusieurs années que ces fonds sont présents et gagnent beaucoup d’argent avec le marché du crédit à risque et on en a jamais parlé. Aujourd’hui par l’intermédiaire des monétaires dynamiques, ce sont les particuliers qui perdent. Qui sont ces fonds? Quel rôle jouent il? Nous ferons leur connaissance dans le prochain épisode.